Tunisie

dimanche 13 janvier 2013

Mali: les raids aériens français continuent, l'Afrique de l'Ouest se mobilise



BAMAKO (AFP) - 13.01.2013 13:35 - Par Serge DANIEL et Ahamadou CISSE

L'armée française a poursuivi dimanche ses raids aériens contre les groupes armés islamistes au Mali, après avoir stoppé vendredi leur avance dans le centre du pays, au cours de combats qui ont fait des dizaines de morts, dont un chef islamiste selon une source de sécurité.
voir le zoom : Photo, diffusée par l'ECPAD, d'un Mirage 2000 D préparé pour décoller vers le Mali, le 12 janvier 2013 à N'DjamenaPhoto, diffusée par l'ECPAD, d'un Mirage 2000 D préparé pour décoller vers le Mali, le 12 janvier 2013 à N'Djamena
ECPAD/AFP - Nicolas Vissac
voir le zoom : Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, arrive à l'Elysée, à Paris, le 12 janvier 2013Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, arrive à l'Elysée, à Paris, le 12 janvier 2013
AFP - Lionel Bonaventure
voir le zoom : Des combattants du groupe islamiste Ansar Dine, à Kidar, au nord du Mali, le 7 août 2012Des combattants du groupe islamiste Ansar Dine, à Kidar, au nord du Mali, le 7 août 2012
AFP/Archives - Romaric Hien
voir le zoom : Le chef d'Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, à Kidal, au nord du Mali, le 7 août 2012Le chef d'Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, à Kidal, au nord du Mali, le 7 août 2012
AFP/Archives - Romaric Hien
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AFP -
voir le zoom : François Hollande reçoit, le 13 janvier 2013 à l'Elysée, des représentants des associations maliennes de FranceFrançois Hollande reçoit, le 13 janvier 2013 à l'Elysée, des représentants des associations maliennes de France
Pool/AFP - Philippe Wojazer
L'armée française a poursuivi dimanche ses raids aériens contre les groupes armés islamistes au Mali, après avoir stoppé vendredi leur avance dans le centre du pays, au cours de combats qui ont fait des dizaines de morts, dont un chef islamiste selon une source de sécurité.
A Bamako, les responsables de la force de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) sont attendus dimanche, afin d'organiser l'arrivée des troupes ouest-africaines chargées, avec l'aval de l'ONU, de déloger les groupes liés à al-Qaïda qui occupent du nord du Mali depuis neuf mois.
La France a poursuivi, pour le troisième jour consécutif, les bombardements de colonnes de pick-up des islamistes, a déclaré dimanche le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. "Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain", a-t-il indiqué.
Alors que le président François Hollandeestimait la veille que l'intervention française avait permis de porter un "coup d'arrêt" aux islamistes, le ministre de la Défense s'est montré prudent.
"Les interventions sont toujours en cours et nous les poursuivrons pour empêcher la progression vers le Sud, ça c'est en partie fait, pas totalement", a-t-il souligné, précisant que l'intervention française permettrait aux forces maliennes de "reprendre leur marche en avant pour l'intégrité" du territoire.
Une perspective dénoncée par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg malienne), qui a demandé dimanche que les forces de Bamako ne pénètrent pas dans le nord du pays, région pour laquelle elle demande un droit à l'autodétermination.
Le MNLA avait lancé en janvier 2012 une offensive dans le nord du Mali, avant d'en être évincé peu après par les groupes islamistes armés Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l'islam).
"en finir avec les islamistes"
Les combats autour de la localité de Konna (centre), à 700 km de Bamako, et que des combattants islamistes avaient d'abord pris jeudi, ont fait 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rangs de l'armée malienne, selon le président Dioncounda Traoré. Un officier français, pilote d'hélicoptère, a aussi été tué.
Aucun bilan n'est communiqué pour les victimes jihadistes, mais l'armée malienne évoque une centaine d'islamistes tués. Un haut responsable du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam), Abdel Krim dit "Kojak", a été tué dans ces combats, a affirmé dimanche une source sécuritaire régionale.
A Tombouctou, dans la zone sous contrôle des islamistes, un professeur de lettres qui a requis l'anonymat a fait état d'un "début de panique" parmi les familles des jihadistes partis combattre à Konna, assurant que "beaucoup essayent de partir dans le désert" et affirmé espérer l'arrivée de soldats français.
"Depuis 9, 10 mois, on est dans un régime très totalitaire. On est coupé de tout. Franchement, on n'attend que ça! On ne peut pas imaginer que les forces françaises s'arrêtent aux portes de Konna. C'est l'occasion ou jamais d'en finir avec ces islamistes", a-t-il expliqué, joint par téléphone par l'AFP.
A Bamako, les premiers éléments des troupes de la Cédéao, des officiers supérieurs, sont attendus dans la journée de dimanche.
"Ils viennent organiser l'arrivée des troupes", à partir de lundi, selon une source au ministère malien de la défense. Ils seront dirigés par un général nigérian, Shehu Abdulkadir, déjà arrivé au Mali selon Lagos, qui fournira "environ 600 hommes".
Le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun "d'un bataillon" (environ 500 hommes) au Mali. Le Bénin a indiqué l'envoi de 300 soldats.
Un sommet extraordinaire de la Cédéao, "uniquement consacré au Mali", aura lieu mercredi à Abidjan. Depuis plusieurs mois, l'Afrique de l'Ouest a proposé l'envoi de plus de 3.300 hommes. "C'est la reconquête du Nord Mali qui vient de commencer", a assuré le ministre ivoirien l'intégration africaine, Ally Coulibaly.
Le nord du Mali, vaste région désertique, est jusqu'ici un sanctuaire pour les groupes islamistes, qui prônent l'application de la charia, au nom de laquelle ils commettent de nombreuses exactions. Aqmi y détient huit otages français. Le ministre français de la Défense a assuré que leur vie aurait été "encore plus" en danger sans l'opération militaire.
L'influent capitaine Amadou Sanogo, chef des putschistes de mars 2012, jusqu'ici réticent à toute intervention étrangère, a estimé samedi que la France avait joué "un rôle capital" aux côtés de l'armée malienne.
Acteur clé et plutôt hostile à une intervention militaire étrangère, l'Algérie a exprimé son soutien "sans équivoque" aux autorités de transition maliennes, condamnant fermement "les attaques des groupes terroristes".
© 2013 AFP