Tunisie

vendredi 7 octobre 2011

Nobel de la Paix : Honneur aux femmes pacifistes

Le comité Nobel norvégien a décidé de distinguer trois femmes aux parcours exemplaires.
Ellen Johnson Sirleaf, première présidente élue d'Afrique.
Ellen Johnson Sirleaf, première présidente élue d'Afrique. SIPA/Paul Hackett
En désignant comme lauréates les Libériennes Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee, ainsi que la Yéménite Tawakkol Karman, le comité Nobel norvégien réaffirme sa volonté de défendre les droits de l'Homme partout où ils sont menacés. L'an dernier, c'était en Chine, avec l'attribution du prix à l'intellectuel Liu Xiaobo, 55 ans, figure de proue du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, qui purge actuellement une peine de onze ans de prison. Aujourd'hui, c'est l'Afrique et le Moyen-Orient qui sont désignés comme des terrains privilégiés de la défense des droits fondamentaux.

Ellen Johnson Sirleaf : "la dame de fer"

Première lauréate, Ellen Johnson Sirleaf, 72 ans, est la première présidente élue d'Afrique. Surnommée « la Dame de fer », elle est à la tête d'un pays sorti de 14 ans de guerres civiles (250.000 morts). Economiste formée à Harvard, cette mère de quatre enfants et grand-mère de huit petits-enfants a travaillé pour l'ONU et la Banque mondiale. Elle reçoit son prix quatre jours avant de briguer un second mandat à la tête de son pays, lors d'une élection qui s'annonce très indécise.

Leymah Gbowe : "la guerrière de la paix"

Deuxième lauréate et deuxième Libérienne Leymah Gbowee est une militante pacifiste quaragénaire qui a contribué à mettre fin à la guerre civile qui ravagé son pays jusqu'à 2003. Rebaptisée « la guerrière de la paix », cette petite femme fervente et tout en rondeurs s'est illustrée en exhortant les femmes à prier pour la paix, à se vêtir en blanc et à aller jusqu'à la grève du sexe pour se faire entendre. Son mouvement est ainsi parvenu à participer aux pourparlers de paix.

Tawakkol Karman : la journaliste activiste 

Troisième lauréate et benjamine du trio, la Yéménite Tawakkol Karman, 32 ans, est une figure emblématique du soulèvement populaire contre le président Ali Abdallah Saleh. Journaliste, elle a été l'une des animatrices des manifestations d'étudiants qui ont précédé le soulèvement, avant d'être brièvement arrêtée.

Elles sont respectivement les 13e, 14e et 15e femmes à recevoir la prestigieuse distinction. Avant elles, il y a eu la Kenyane Wangari Maathaï (2004), l'Iranienne Shirin Ebadi (2003), la Guatémaltèque Rigoberta Menchu Tum (1992), la Birmane Aung San Suu Kyi (1991) ou Mère Theresa (1979).